Accueil du site > Dossiers > Newsletters > Newsletter n°9

Newsletter n°9

jeudi 20 octobre 2011

La version 3 de la charte préfigurant le Parc national des Calanques est parue et l’enquête publique d’une durée d’un mois va commencer le 17 octobre 2011 pour s’achever le 17 novembre 2011.
Nous aurions souhaité de ce texte qu’il garantisse la préservation du site, qu’il cadre les activités pratiquées au sein des Calanques (y compris les activités de pleine nature !) et qu’il offre des garanties pour ces pratiques. Il n’en est malheureusement rien. Cette charte est une immense déception.
Sur la sauvegarde du site : rien de concret sur le traitement des eaux usées du grand émissaire de Cortiou, rien de concret sur la prévention des risques d’incendie, rien de concret sur le mouillage en mer. Sur les pratiques ‘douces’ : l’escalade, le vélo tout-terrain, sur la circulation de nuit… De bonnes intentions, mais surtout rien de contraignant, rien qui engage quelque peu la future administration. Dans ce texte, les propositions sont toujours très ouvertes. Il est rédigé pour laisser la quasi-totalité des décisions aux mains du Directeur et d’un Conseil d’Administration de composition majoritairement administrative, contenant un grand nombre d’ayants droit et ne représentant pas un réel contrepouvoir.
Tout n’est pas noir et nous avons obtenu des résultats : la délimitation de réserves intégrales acceptables, la prise en considération de la nécessité de pouvoir circuler de nuit - une avancée en demi-teinte sans garantie réelle… Ces résultats, nous ne les avons obtenus qu’après de dures et longues négociations. Leur importance pour la pérennité de pratique des activités ‘douces’ est capitale : ils sont une réelle victoire pour notre association.
Jusqu’à présent, les défenseurs des Calanques ont dû se battre contre des aménageurs. A ce titre, le Parc était nécessaire. Qu’il soit donc ! Mais s’il est une solution partielle, ce Parc ne semble pas LA solution. Maintenant, nous risquons d’avoir à nous battre pour maintenir les activités traditionnelles contre une administration qui a largement démontré sa tendance à gérer par l’interdiction. Nous sommes aussi inquiets face à une pression économique de plus en plus forte, exercée par des acteurs locaux - privés ou/et institutionnels - qui tend à faire du Parc National un parc d’attraction rentable !
Plus que jamais, il dépend de notre responsabilité et de notre engagement que ce parc nécessaire devienne un bien, et non un mal nécessaire. Il nous faudra donc rester vigilants et actifs - même après la création du Parc National - afin de pouvoir peser pour garantir un bon équilibre entre protection de la nature et maintien des activités humaines.

A ce stade du projet, il ne s’agit plus de peser sur les orientations générales du texte, mais nous pouvons encore assoir plus solidement les résultats obtenus et surtout montrer notre – et votre – volonté de continuer à jouer un rôle déterminant dans l’avenir. C’est pourquoi l’association déposera auprès du commissaire enquêteur en charge de l’Enquête Publique copie de cette newsletter n°9 « Analyse de la version 3 de la Charte » ainsi que la liste des demandes précises listées ci-dessous.
Demandes de l’Association « Des Calanques et des Hommes » de rectifications de la Charte :
Ajout des coordonnées GPS de toutes les zones proposées en Réserves Intégrales terrestres potentielles. Adjonction en annexe des vues de face des falaises maritimes concernées (avec reprise des tracés des RI).
Concernant la proposition de réserve intégrale potentielle en piedmont de la falaise Soubeyrannes à Cassis, le maintien de l’autorisation de circulation sur le sentier de randonnée qui traverse la zone à mi-pente, acceptée par le GIP, comme en témoigne un courrier électronique de M. Jean-Marie Lafond, en date du 3 février 2010.

Aujourd’hui, nous avons plus que jamais besoin de votre action. C’est pourquoi nous vous invitons à signer la pétition reprenant nos demandes de modification de la Charte énoncées plus haut. Celle-ci sera déposée auprès du commissaire enquêteur avec la copie de la newsletter n°9 comme précisé dans le paragraphe précédent. Nous serons entendus, lors de la phase d’enquête qui s’est ouverte, si nous nous mobilisons massivement comme nous l’avons fait au départ et rassemblons de nombreuses signatures : signez et faites signer la pétition, chaque signature compte , ensemble est notre force, collective notre crédibilité .

Association « Des Calanques et des Hommes »
www.les-calanques.org

Liens :
- La Charte décortiquée par les Calanquais de Morgiou

Répondre à cet article

5 Messages de forum

  • Malgré vos réserves à l’égard de la Charte du Parc National des Calanques êtes-vous pour ou contre le projet tel qu’il est présenté, sachant comme vous le dites que des pressions économiques fortes s’exercent de la part d’acteurs qui ont intérêt à ce que le parc ne se réalise pas. Ignorez-vous que la création d’un Parc National des Calanques est une bataille qui se mène depuis plus de trente ans ? La volonté que cet espace des Calanques de Marseille soit prèservé, protégé, doit être plus forte que les intérêts catégoriels des uns et des autres.

    Répondre à ce message

    • Bonjour Nous n’ignorons pas la nécessité de la protection de cet espace. Nous sommes d’ailleurs résolument pour un parc national. La protection du site originellement prise en mains par les associations d’usagers de pleine nature ne se fait pas depuis trente ans mais a fêté depuis l’année dernière son siècle d’existence. Après ce rappel, nous mettons en garde les personnes contre une quasi main mise sur les décisions prises par le directeur du parc. La démocratie tout comme au sein de l’AG du GIP ne sera pas d’actualité. Ces Directoires selon le principe des 3/3 ne laissent que très peu la place aux acteurs locaux. Nous nous devons d’alerter les citoyens sur ces procédés. D’autre part, ce parc sera le seul au monde à être doté d’un outil aussi fabuleux que l’égout de Cortiou et celui du Trou de Jeanette à la Ciotat. Nous nous battrons donc pour que ces vraies nuisances soient prises en compte (ce n’est pas le cas dans la charte actuelle) pour la réelle protection de notre environnement. Par conséquent, pas d’intérêt catégoriel en ce qui nous concerne mais de vrais intérêts collectifs avec la mise en avant d’une vraie polarisation sur l’intérêt (ici oui pour le coup) des activités de pleine nature à un époque et à proximité d’une agglomération qui mérite que le gout de l’effort et des valeurs simples de la nature soient particulièrement mises en avant. Bien cordialement André BERNARD - Président

      Répondre à ce message

    • Bonjour il y a confusion concernant le rôle des acteurs économiques locaux : nous parlons bien évidemment de ceux qui ont beaucoup d’intérêts à ce que le Parc se concrétise pour en faire un "Parc d’attractions" en plein air. La vigilance est de mise, le futur Parc devra protéger les Aigles de Bonelli en voie de disparition, et dans un même temps se protéger des rapaces en voie d’apparition qui attendent au coin du bois ! D’où l’importance du futur Conseil d’Administration (et de son directeur) qui de part sa composition essentiellement administrative, au détriment des associations environnementales et de pratiquants historiques, sera en bien ou en mal le seul garant de l’intégrité du Parc National, et ce sans véritable contre pouvoir.

      cordialement Fernando Ferreira - Secrétaire

      Répondre à ce message

      • Ne pensez-vous pas que les rapaces soient plus sûrement parmi les antiparc ? Quant à la composition du Conseil d’Administration, pourquoi ne demandez-vous pas que le nombre de sièges des Associations de défense de l’environnement soit augmenté ?

        Répondre à ce message

        • Vous avez raison pour les antiparc, mais eux on les connaît, on peut parfois discuter, expliquer, et même trouver des compromis. Pour les autres (rapaces) auxquels nous faisons référence c’est un groupe bien plus nébuleux aux contours imprécis, qui voit dans l’arrivée du Parc National rien d’autre que la manne qui tombe du ciel. Certains sont déjà connu de tout le monde, ils montent en puissance, d’autres sont nouveaux, ils arrivent... Ils ne sont ni pour ni contre le Parc, ils sont pour "faire des affaires", des échos remontent déjà jusqu’à nous... Nous le disons à chaque fois ce Parc ce doit avant tout d’être juste et équilibré, un équilibre qui va être difficile à trouver. Nous pensons que les mieux placés pour participer à la mise en place de cet équilibre sont les acteurs locaux, associations, ils se battent déjà sur le terrain depuis un siècle, ils ont une connaissance complète à la fois géographique et historique des lieux. Hors tel qu’est construit le CA du Parc, les associations sont quasi inexistantes, et reléguées dans des commissions culturelles et économiques consultatives dont personne ne se fait d’illusion sur leur véritable pouvoir, la prise en compte de leurs remarques restera à la discrétion du futur directeur. Pour résumer, nous demandons depuis le début une représentation significative des associations investies dans le processus, Paris a répondu, contre l’avis du GIP, en.... diminuant le nombre de sièges ! Ca promet !

          Répondre à ce message