Article extrait du 20 Minutes Marseille le 2 novembre 2009
Les grimpeurs montent au créneau
Malaise au bord de la falaise. En annonçant le mois dernier la création au sein du futur parc national d’une réserve intégrale interdisant l’accès à tout être humain et comprenant les falaises du Devenson et de Soubeyrannes, la direction du Groupement d’intérêt public (GIP) des calanques avait jeté un pavé dans la marre. « Ce sont les sites d’escalade les plus emblématiques du massif », s’insurge Cyril Bonnefoi, membre du Club alpin français (CAF), ajoutant que « ces deux falaises représentent plus de 40 % de la surface de grimpe » dans le massif des Calanques.

- 20 Minutes Marseille 2 novembre 2009
- Article article paru dans l’édition Marseillaise du quotidien gratuit 20 Minutes le 2 novembre 2009.
Le GIP concède avoir fait « une erreur d’appréciation en touchant à un symbole [des escaladeurs], ce qui a engendré un débat passionné ». Mais Lionel Royer-Perreaut, chargé de la concertation, nuance : « Chacun veut le parc national, mais devant chez le voisin. » Sur le fond, tous les acteurs s’accordent sur la nécessité de créer une zone intégrale qui permettrait de préserver la flore et les espèces animales. « L’objectif est la protection de la biodiversité, rappelle Lionel Royer-Perreaut. Les réserves intégrales serviront de zones témoins en vue de mener des études scientifiques. » De son côté, le CAF martèle que les escaladeurs sont les « premiers défenseurs de la nature » et qu’ils « approuvent la création d’une réserve intégrale, qui peut prendre une certaine valeur à côté d’une ville comme Marseille ».
Le problème semble donc découler d’un manque de communication, que le CAF est le premier à dénoncer. « Il faut que la direction du GIP nous consulte et prenne en compte notre avis sur l’emplacement le plus adéquat pour la réserve intégrale », assure Cyril Bonnefoi.
Victor-Hugo Espinosa, président d’Eco Forum, réseau d’associations écologistes, s’est proposé pour jouer le rôle de médiateur : « Tout le monde doit faire des efforts, estime-t-il. C’est un problème de forme et non de fond, car nous avons tous le même but : préserver la nature. » Une réunion entre experts scientifiques et grimpeurs est prévue lundi prochain pour tenter de trouver une solution. L’accrochage pourrait encore retarder l’aboutissement du projet de parc national, qui avait été lancé il y a plus de dix ans.
Carole Vinco
20 Minutes
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Réaction de l’association
A première vue, les paroles rapportées de MM. Royer-Perreaut et Espinosa semblent de bon sens et consensuelles. Pourtant, à y regarder de plus près, elles appellent deux commentaires. Le premier est qu’il est erroné d’affirmer que "Chacun veut le Parc national, mais devant chez le voisin" : l’association "Des Calanques et des Hommes" regroupe les associations représentatives des principaux usagers des Calanques qui s’expriment par son biais d’une seule voix et sans dissonance aucune. Deuxièmement, s’il est vrai - qu’en cas de nécessité - "Tout le monde doit faire des efforts", il faut rappeller que créer un Parc national n’implique pas nécessairement de faire pénitence. Aucune étude à ce jour ne met en évidence de dégradation avérée des zones concernées par le projet de réserve intégrale, des zones existent déjà - non fréquentées depuis plusieurs années - qui permettent de mener toutes les études souhaitables et, enfin, il est possible de définir d’autres zones pouvant constituer potentiellement une réserve sans pour autant contraindre ou interdire des activités reconnues comme pas ou peu impactantes sur l’environnement. La position actuelle du GIP s’apparente malheureusement plus à une chasse aux trophées aux dépends des usagers traditionnels des Calanques qu’à une recherche raisonnée des moyens rationnels de préserver au mieux ce site exceptionnel.
Association Des Calanques et des Hommes
www.les-calanques.org












